Les règles de course sont complexes. Donc, cet aperçu ne peut en aucun cas se substituer à elles. Par exemple, on peut simplifier en écrivant ce qui se dit couramment « Tribord amure est toujours prioritaire »; malheureusement, c’est seulement « presque vrai » . Ici, nous voulons seulement aider les régatiers débutants à entrer dans la compétition sans excès de timidité. En leur donnant des repères pour les situations les plus fréquentes, nous espérons qu’à l’avenir et dans ces cas simples, ils ne se laisseront plus influencer par l’assurance parfois abusive des anciens.
1°) AU DEPART :
A : Il faut identifier le deuxième
pavillon de la procédure de départ, dit pavillon
préparatoire. Au CVBM, on utilise en principe seulement le P ou
le I. En effet, si vous êtes devant la ligne dans la
dernière minute (c’est à dire lorsque ce pavillon
est amené), vos obligations pour être classé seront
différentes :
Si c’est le P, vous pouvez revenir derrière la ligne
à votre convenance.
Si c’est le I, vous devez rentrer en faisant le tour de la bouée
d’extrémité.
Dans les deux cas, il faut le faire sans gêner le départ des autres.
B : Vous n’avez pas le droit de forcer le passage à la
bouée de départ, même si vous êtes
engagés. Ce n’est pas une
bouée de parcours où
la règle serait
différente, comme on le verra
plus loin.
C : Avant le signal de départ (et non pas « avant le
départ« ), quelle route peut-on prendre? Peut-on lofer ou
pas? Abattre ou pas? Si vous êtes prioritaire, grosso modo vous
faites ce que vous voulez, en abattant ou en lofant sans
brutalité jusqu’à bout au vent si ça vous
chante. A contrario, si vous n’êtes pas
prioritaire, vous devez évidemment vous
écarter de tout prioritaire. La question devient
donc: Quand suis-je prioritaire? Et là, hélas, cela
devient compliqué, ne serait ce que parce qu’il faut
souvent faire intervenir la position relative de plusieurs bateaux.
Pour s’en tenir aux situations les plus
fréquentes, simplifions en
résumant ainsi:
- si le bateau à votre vent s’est engagé sur vous
en venant de l’arrière, vous étiez prioritaire
avant
l’engagement et vous le restez après.
- si le bateau sous votre vent s’est engagé en venant de
l’arrière, il est devenu prioritaire et vous devez le cas
échéant répondre à son lof, même
jusqu’à bout au vent. Mais attention, au signal du
départ, ligne franchie ou pas, il doit
immédiatement prendre une route normale
.
2°) EN ROUTE :
A - Un bateau qui arrive
à un obstacle (la rive ou une péniche
ou un autre bateau) doit impérativement manoeuvrer
pour l’éviter. Or un bateau virant de bord n’est pas
prioritaire, a fortiori si il est amené à croiser la
route d’un bateau tribord amure en sortie immédiate de sa
manoeuvre . Son salut est dans la formule magique :
» De l’eau…! »
Attention à la pratique: le bateau qui hèle doit virer
sans délai dès que l’autre vire, même si il
estime qu’il a encore le temps d‘agir. L’autre peut
se contenter de répondre: « Virez »; là
encore le bateau hélé doit le faire
immédiatement, mais l’autre doit
évidemment lui laisser la place nécessaire.
B : Aux allures portantes, peut-on s’engager entre la rive et un
bateau quand on le rattrape? La réponse est « oui »,
à condition qu’il y ait la place pour le faire au moment
de l’engagement, et même si cette
place est inférieure à deux longueurs.
C : Quels sont les droits et devoirs d’un bateau rattrapant ?
Sur des bords différents, le tribord amure est prioritaire, avant et après qu’il ait
rattrapé le babord.
Dans le cas où les deux bateaux sont sur le même bord., il convient d’analyser les
choses ainsi:
Le rattrapant va devoir choisir comment il s’engage. En tous cas,
tant qu’il n’est pas engagé, c’est le
rattrapé qui est prioritaire.
- Choix de l’engagement au vent: Le bateau rattrapé, sous
le vent, demeure prioritaire; il faut lui laisser la place de modifier
sa route dans les deux sens, comme il le souhaite, y compris au
delà de sa route normale le cas
échéant.
- Choix de l’engagement sous le vent: Le rattrapant devient prioritaire. Mais il est soumis à deux restrictions:
. Il ne doit pas s’engager trop près. Si en
s’écartant le rattrapé le touche, le rattrapant est
en faute.
.
Pendant tout l’engagement, il n’a pas le droit de naviguer au
dessus de sa route normale; en
d’autres termes, il ne pourra
lofer que pour suivre une adonnante.
3°) CONTOURNER UNE MARQUE DE PARCOURS :
A : Marque au vent : Sur des
bords opposés, tribord amure est prioritaire; la zone des trois
longueurs n’a rien à voir dans ce cas.
Quand les deux bateaux sont sur une même
amure, le bateau à l’intérieur est
prioritaire si il était engagé avant que le premier
bateau soit à trois longueurs de la marque. L’autre doit
lui laisser toute la place nécessaire pour passer
cette marque, même
en bord breton, le cas échéant.
B : Marque sous le vent : Sur des
amures différentes, jusqu’à trois longueurs de la
marque, tribord reste prioritaire. Mais si il y a engagement avant les
trois longueurs, quelle que soit l’amure de l’un ou de
l’autre, la règle est la suivante: dans les trois
longueurs,
le bateau à l’extérieur doit la place au
bateau à l’intérieur.
4°) MANIERE D’EFFECTUER UNE PENALITE :
A : Après avoir touché une marque, il convient de faire
ce qu’il est convenu d’appeler un 360. En fait,
il faut faire un empannage et un
virement de bord, sinon le tour
est incomplet.
B : Après avoir fait une faute à l’égard
d’un bateau, il faut faire un 720, soit deux empannages et deux
virements, dans la continuité
( pas un tour maintenant et un
autre plus tard).
C : Dans les deux cas, il convient d‘abord de s’écarter des autres pour ne pas les
gêner,
puis d’effectuersa pénalité sans tarder.
A noter que si la faute est commise avant le signal du départ,
il n’est pas interdit d’effectuer sa pénalité
avant ce dernier.